
Photo Diane Richard D.R.
Photographe de presse « free lance » dès 1978, Diane Richard débute sa carrière à Nice Matin et
réalise des sujets pour l’Agence France-Presse (AFP), Associated Press (AP) et Sygma Presse.
https://professionlavie.blogspot.com/2017/05/profession-femme-reporter-dimages.html
Merci Diane pour cette belle photo de Giuseppe !
Chers amis,
chères Soeurs, chers Frères,
Je vous propose ici en avant première un texte issu du tome 2 de mon livre "Un tout petit péché" qui sortira en août prochain. Le tome 1 la fontaine de la vie a été publié en 2023. Ce texte est l'occasion de vous parler (avec la voix de notre bienaimé Giuseppe Belvedere) de la vie après la mort.
Marie-Simone Poublon
L'ange de lumière
Quand je suis parti ce jour-là, je n’ai pas vu tout de suite qu’il avait plu. J’ai regardé le pavé et je me suis aperçu que la lumière y reflétait. Puis, j’ai observé le ciel et je me suis envolé vers le toit de ce monstre aux tuyaux d’acier avec lequel j’avais décidé d’un destin commun ; lui et moi, nous ne savions pas de quoi serait fait ce destin mais nous avions décidé de le partager en quelque sorte, au moins de nous trouver ensemble au même endroit.
Alors j’ai réfléchi de plus belle et je n’ai rien trouvé d’autre à dire que je m’étais fourvoyé. Je me suis trompé de chemin. Je n’ai pas vu les autres routes qui s’offraient à moi. « Giuseppe, tu es un âne ! »
Et là, une lumière plus forte que les autres s’est approchée de mon visage. C’était un ange aux ailes d’or. Quand je l’ai regardé dans les yeux, il est devenu humain. « Qui êtes-vous ? » lui ai-je demandé. Aucune réponse n’est venue. J’ai renouvelé ma question « Qu’est-ce que vous me voulez ? » Il s’est encore approché et il m’a soufflé dans un langage que je connaissais bien : « dis-moi Giuseppe, pourquoi es-tu venu demander de l’aide si tu n’en as jamais voulu ? Ni moi, ni ceux qui t’aiment n’ont permis ce martyr que tu t’es imposé. Alors pourquoi as-tu décidé seul ? Ce n’est pas un choix, c’est une acceptation. Avais-tu tant de souffrances pour t’en imposer de nouvelles ? Raconte-moi si tu veux bien. »
J’ai demandé à cette lumière d’arrêter de me regarder tant elle était dérangeante ; un véritable halo éblouissant, incandescent, transparent.
Ce que j’avais prévu était arrivé. Je crois que la vie m’apprend encore là où je suis.
J’ai pensé à cette question qu’il m’avait posé.
Il est reparti mais il a observé mes pensées de très haut.
Les rayons du soleil sont apparus et je me suis réchauffé le cœur de cette source de bonté.
J’ai eu peur… encore ! Ça n’arrêtera donc jamais !
Alors il est revenu : « Giuseppe, je ne voulais pas te faire peur, je voulais juste que tu me dises ce que la vie sur terre t’a enseigné ? Je t’ai vu te battre contre ceux que tu as appelé les méchants. Je me demandais comment tu avais pu t’infliger ce mépris de tes congénères et surtout, qu’est-ce qui te faisait penser qu’il ne t’arriverait rien. Est-ce la foi en toi ? »
J’ai soufflé parce que les pensées de cet ange étaient si fortes qu’elles m’avaient oppressé. Était-ce nécessaire de répondre à toutes ces questions qui n’en étaient pas.
J’avais compris que mon orgueil représentait le plus gros péché de l’humanité. « Oui, je croyais en moi. Ce qui ne m’empêchait pas de demander l’aide de Dieu », je lui ai répondu « parce que tuer les oiseaux c’est tuer des vies et ça je ne l’accepte pas monsieur l’ange. »
« Tu es un homme de bien Nino mais Giuseppe n’est pas immortel. Tu devais savoir que toute cette histoire finirait très mal et maintenant tu es responsable de la vie de tes frères, de ta sœur, de tes enfants, de ta mère qui est près de moi, de ton père que tu ne pouvais pas comprendre, de tes amis qui pleurent ton absence parce qu’ils ont vu en toi l’homme bon. Que feras-tu pendant qu’ils essayeront de tracer un chemin dans une vie entière ? As-tu prévu de revenir les aider ? Les assister dans le choix de chemin à prendre pour éviter les écueils ? Je crois que tu devrais y penser maintenant. »
Là encore, je n’avais pas de réponse.
J’ai continué d’observer le pavé, mes oiseaux, les passants et je me suis dit que toutes ces questions, pour le moment, je ne leur trouverai aucune réponse.
Cette femme, elle sait pourquoi il me les a posées parce qu’elle avait compris ma souffrance. Elle la ressentait. Elle savait que j’allais droit dans le mur. Elle envisageait une « retraite » pour mieux attaquer les hommes du mal.
Je savais tout ça et je n’ai pas fait ce choix d’un chemin en demi-teinte. J’ai mis de la couleur, du bordel, de la déroute, du chagrin !
Quand j’étais dans mon camion, je laissais souvent les portes ouvertes pour respirer et, avant Noël, je les avais complétement fermées.
Sans doute avais-je l’intention d’y mourir…
Au moins, ils ne me l’ont pas enlevé mon camion ! Je suis parti avec lui dans la casse et ils ont enlevé mon corps. Ceux qui m’ont vu en dernier ne se sont pas remis de la vision qu’ils ont eu. C’est bien fait pour eux ! Ce ne sont que des assassins patentés. Jamais je n’oublierai la tristesse de leurs visages quand ils ont découvert le vieux, moi, Giuseppe. Je leur ai craché dessus de là où je suis. La misère affective est désormais leur compagne.
La vie n’a pas besoin de ces idiots. Ils se sont prêtés à un jeu dangereux, ils vont en payer le prix. Pour eux, ce sera le prix de leur vie qui ne pèsera pas lourd dans leur chemin si pauvre de sens.
Je n’ai plus revu la lumière incandescente mais je crois qu’elle va revenir pour me questionner. Je n’ai pas de certitudes, juste des interrogations. Tant que je n’ai pas de réponses, il me fichera la paix. Je reste ici. Je m’amuse bien avec mes amis et mes observations. J’en tire un grand enseignement et celui-ci il vaut le détour.
Le ciel m’attendra un peu…
Roman basé sur des faits réels
Hommage à Giuseppe BELVEDERE, martyr de la politique parisienne
Texte issu du "tome 2 la rose de la vie "
à paraître en août 2026
Proposé par Marie-Simone Poublon,
directrice de publication, pour le Tablier-info

